L’ado qui se drogue : des pistes pour agir

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l'ado qui se drogue
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L’ado qui se drogue est l’une des préoccupations qui hante les parents aujourd’hui. Drogue, le mot fait peur en effet. Sa seule évocation suffit pour renvoyer à un cortège d’images effrayantes : seringues, dégradation de l’état de santé, marginalisation, difficultés financières, dépression et même parfois mort. 

Les motivations qui poussent nombre d’adolescents, et parfois même des enfants, à user de stupéfiants sont beaucoup plus complexes qu’il n’y apparaît. Des groupes se forment, réunissant des jeunes en quête d’expériences nouvelles et de sensations différentes. Désireux de s’affronter au risque et de briser les interdits, l’ado qui se drogue associe souvent l’usage de ces substances à la fête et à la convivialité. L’attrait dû aux stupéfiants et aux hallucinogènes peut également évoluer dans le registre d’instabilité psychologique. En pensant que le recours à ces substances peut apporter une solution définitive à leurs problèmes, des ados s’adonnent à ce qu’ils conçoivent comme le « paradis artificiel ». 

Des chiffres alarmants

La toxicomanie n’est pourtant pas un phénomène récent. Mais il est actuellement d’une brûlante actualité. Son acuité se renforce dans la mesure où l’on assiste aujourd’hui à une disponibilité accrue et une diversité de produits stupéfiants. Selon le dernier rapport de l’OFDT (l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies), publié le 18/04/2019, Plus de 1005000 français déclarent avoir pris de la drogue au cours de cette année.

11,5 litres d’alcool pur est consommé par habitant âgé de 15 ans ou plus.

25 % des adolescents de 17 ans sont des fumeurs quotidiens.

39 % des jeunes de 17 ans ont expérimenté le cannabis et 7 % sont des fumeurs réguliers. 2,8 % des jeunes de 17 ans ont expérimenté la cocaïne,

3,4 % des 17 ans ont expérimenté l’ecstasy,

1,3 % des adultes ont expérimenté l’héroïne et 0,2 % sont des usagers Actuels 0,7 % des jeunes de 17 ans l’ont expérimentée.

537 décès au moins par surdose.

Distinguer pour mieux agir   

Vous l’avez certainement deviné, le mot drogue recouvre plusieurs réalités. En plus du tabac, alcool, chicha et cigarette électronique, on distingue :

Amphétamine : Absorbée par inhalation, dans une pipe ou une cigarette. Elle provoque l’euphorie, l’anorexie et une hausse de la vigilance. Elle n’entraine pas une dépendance physique mais psychique très forte.

Cannabis : Il existe sous forme de feuilles séchées, de résine ou encore de l’huile (beaucoup plus rare et à effet plus nocif). Il provoque l’euphorie, la loquacité et des rires souvent irraisonnés ou une espèce d’apathie. Chez certains consommateurs, des vertiges, des nausées et bouffés de chaleur peuvent également s’observer.

Cocaïne : Appelé aussi coke, blanche-neige, coco, c’est un produit que l’on sniffe ou l’on fume telle qu’elle est ou sous forme de « pasta ». En plus de l’euphorie, elle facilite les relations et augmente l’activité psychique, la vigilance et la libido. Elle entraîne une perte d’appétit.

Ecstasy : Amphétamine qui se présente sous forme de comprimés blancs ou brunâtres. Appelé également ecsta, pilule d’amour, E, XTC, MDMA. Sous ecstasy, des altérations sensorielles se produisent, les inhibitions sociales se lèvent et la sensualité augmente. La consommation d’ecstasy déclenche à un usage abusif et forcément toxicomaniaque.

Crack : Présente une haute toxicité, c’est une sorte de cocaïne sous forme de cristaux qui se fume, s’inhale ou s’injecte. Il produit une sensation courte et brutale (entre 5 et 15min).  

Héroïne :   Opiacé dérivé de la morphine, se présente sous forme de poudre blanche ou brunâtre et contient rarement plus de 2% du produit pur. Il produit un apaisement analogue à l’orgasme qui peut s’accompagner de vertiges et des nausées.  L’héroïne crée chez l’ado qui se drogue une dépendance immédiate.

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Contrairement aux idées reçues

-La distinction « drogues douces »/ « drogues dures » n’est pas à apprendre au pied de la lettre : toutes les drogues sont susceptibles de pousser à une récidive irrésistible. Elles sont tous reconnues, études médicales à l’appui, pour avoir des effets néfastes.    

-Certaines amphétamines peuvent réellement exercer une influence positive sur l’activité sexuelle mais elles réduisent les facultés de l’individu qui sont presque inhibées chez les héroïnomanes par exemple.

-Un ado qui se drogue n’appartient pas forcément à un milieu aisé, l’usage des drogues s’infiltre de plus en plus dans toutes les couches sociales.

-Des motifs toujours valables tels que : moments d’absence des parents, leur mal information sur l’usage des drogues par les ados, un manque de dialogue parent- enfant, le défaut d’autorité parentale, ne peuvent pas forcément expliquer le recours des ados aux drogues. Derrière l’usage des drogues, des motivations multiples et complexes demeurent insondables. Chaque histoire est singulière et fait appel à un type d’intervention particulier.

La démarche salutaire à adopter face à l’ado qui se drogue

  • Repérez les changements de comportement de votre enfant (perte d’appétit, grande nervosité, insomnie, léthargie…) et tentez de réagir dès le début avant que les habitudes s’installent.
  • Renseignez-vous sur la manière dont votre enfant parle des drogues : s’agit-il d’une banalisation de son attitude, essaie-t-il de mettre tout sur le dos d’un de ses amis, est-il conscient de son incapacité de s’en débarrasser…Tous ces éléments aident à intervenir.    
  • Discutez ensemble la possibilité d’aller voir un psychothérapeute, des associations ou centre de prévention ou d’aide au sevrage et misez sur la confiance réciproque.
  •  Informez-vous en matière de drogue : le manque de connaissances et de repères portant sur les drogues fait que trop souvent, soit on dramatise la situation ou on sous-estime l’ampleur du problème. Faute de savoir solide sur la question on adopte rarement une attitude adéquate.
  • Travaillez à compenser les facteurs de vulnérabilité : famille monoparentale, recomposée ou à problèmes, un ado dont le père ou la mère consomme des psychotropes, subissant une déception amoureuse, en difficulté scolaire ou mal intégré dans un contexte socioculturel.

Ce qu’il ne faut pas faire auprès de l’ado qui se drogue

  • Les tentatives de répression ne russiseront pas certainement à juguler le phénomène : la suppression de l’argent de poche, l’interdiction de sortir, la privation des biens, la menace de changement d’école, les châtiments corporels constituent au contraire autant de supplices à braver pour l’ado qui se drogue.
  • N’accusez et ne condamnez jamais votre fils ou votre fille. Prenez votre pleine part de responsabilité dans tout ce qui arrive.
  • Au lieu d’interdire, choisissez l’option de responsabilisation : Mieux vaut aider son enfant à prendre conscience de ce qu’il fait et comprendre pourquoi il le fait que proscrire.
  • Parents, arrêtez de vous vous incriminez : il ne faut surtout pas reprocher ni la sévérité de l’un, ni la lâcheté ou le laxisme de l’autre. Concentrer son attention exclusivement sur le fautif crée une atmosphère décourageante. Ce système destructif empêche de mener une vie de famille épanouie et reflète, pour l’enfant, la fragilité de votre union.

Rappelez-vous que l’ado qui se drogue n’est pas un malade incurable, c’est un individu qui n’aime forcément pas vous faire souffrir. Il a toujours besoin de l’attention appropriée à laquelle il a droit.   

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